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- Citation du jour, par Sloane Crosley
- Le cinéma français à l’étranger : les chiffres
- Tijuana, l’usine à champions
- La magie des effets spéciaux : l’incrustation (chroma key)
- « Anatomie du scénario » par John Truby, du 27 au 29 janvier 2010, Paris
- L’insécurité propre aux artistes
- Concours de courts métrages contre la sclérose en plaque
- J’attendrai le suivant, de Philippe Orreindy
L’histoire des Oscars en 24 points
| février 8, 2010 | Economie | Aucune réaction
1) Jusqu’en 1941, les noms des vainqueurs étaient communiqués aux journalistes avant la cérémonie, afin d’y être mentionnés dans les éditions du lendemain. Plusieurs nominés ont ainsi pu connaître les résultats à l’avance, en s’introduisant dans la salle de presse durant la cérémonie… amenant alors à la mise en place des enveloppes cachetées.
2) La première œuvre en couleur à avoir remporté l’Oscar du meilleur film est Gone with the Wind en 1940, la dernière œuvre en noir et blanc est Schindler’s List en 1994.
3) Deux films ont réussi la prouesse de gagner trois Oscars d’interprétation : A Streetcar Named Desire en 1952 (meilleure actrice, meilleur second rôle féminin, meilleur second rôle masculin) et Network en 1977 (meilleur acteur, meilleure actrice, meilleur second rôle féminin). A ce jour aucun film n’a remporté les quatre prix d’interprétation.
4) Marlon Brando a refusé l’Oscar du meilleur acteur en 1973 pour The Godfather afin de protester contre les stéréotypes hollywoodiens sur les Indiens d’Amérique. En lieu et place, une activiste au nom de « Sacheen Littlefeather » (de son vrai nom Maria Cruz) accepte le prix. Son intervention de 45 secondes est huée par le public.
5) Nominé en tant que meilleur réalisateur en 1934 pour Lady for a Day, Frank Capra est sûr de lui-même et se rue vers la scène lorsque le présentateur annonce « Come and get it, Frank! »… pour finalement réaliser qu’il s’agissait de Frank Lloyd pour Cavalcade. « I felt like a miserable worm », a déclaré Capra, qui remporte finalement ce prix l’année suivante pour It Happened One Night.
6) Deux acteurs ont remporté l’Oscar du meilleur acteur pour des films dont ils étaient les réalisateurs : Laurence Olivier pour Hamlet en 1948 et Roberto Benigni pour Life is Beautiful en 1997.
7) Seulement trois films ont remporté les cinq Oscars les plus prestigieux (meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur, meilleure actrice et meilleur scénario) : It Happened One Night en 1935, One Flew Over The Cuckoo’s Nest en 1976 et The Silence Of The Lambs en 1992.
8) Optimiste quant au fait d’être nominé pour l’Oscar du meilleur réalisateur en 1976 pour Jaws, Steven Spielberg avait engagé une équipe de documentaire pour filmer sa réaction… qui enregistre finalement « I can’t believe it – they went for Fellini instead of me! ».
9) Jusqu’à la récente nomination de Kathryn Bigelow dans la catégorie meilleur réalisateur pour The Hurt Locker, seules trois femmes l’ont précédée : Sofia Coppola pour Lost in Translation en 2004, Jane Campion pour The Piano en 1994 et Lina Wertmüller pour Pasqualino Settebellezze en 1977. Aucune n’a gagné.
10) Dr Strangelove Or: How I Learned To Stop Worrying And Love The Bomb est le film au titre le plus long nominé dans la catégorie meilleur film. Le plus court est Z de Costa-Gavras.
11) La cérémonie de 1989 s’ouvre sur une chorégraphie musicale associant l’acteur Rob Lowe et Blanche Neige, en hommage aux cinquante ans de Snow White and the Seven Dwarfs… ce qui n’est pas du goût du groupe Disney qui poursuit en justice l’Académie des Oscars pour reproduction non autorisée et non flatteuse de son personnage. L’affaire est abandonnée après des excuses publiques de l’Académie.
12) Le dessinateur Walt Disney a remporté le plus d’Oscars : 26, dont quatre prix honorifiques !
13) Deux années consécutives, deux actrices ont été nominées pour le même personnage joué : Kate Winslet et Gloria Stuart jouant Rose dans Titanic en 1998, et Dame Judi Dench et Cate Blanchett jouant Elizabeth I en 1999 dans respectivement Shakespeare in Love et Elizabeth.
14) Cabaret est le film à avoir remporté le plus d’Oscars (8) sans décrocher celui du meilleur film (1973).
15) Alors que sa collègue à l’écran Bette Davis est nominée pour meilleure actrice dans Whatever Happened To Baby Jane? Joan Crawford, dont la prestation a été ignorée par l’Académie, écrit aux quatre autres actrices nominées pour accepter en leur nom la récompense en cas d’absence. Anne Bancroft remporte l’Oscar pour The Miracle Worker, Crawford accepte la statuette pour elle, laissant ainsi Bette Davis furibonde.
16) La cérémonie de 1974 est interrompue par Robert Opal, un streaker (« nu-vite ») traversant la scène.
17) Seuls trois films ont gagné dans toutes les catégories dans lesquelles ils étaient nominés : Gigi en 1959 (9 Oscars), The Last Emperor en 1988 (9 Oscars) et The Lord Of The Rings: The Return Of The King (11 Oscars).
18) En revanche les plus grands perdants sont The Turning Point et The Color Purple qui repartent bredouille malgré 11 nominations, respectivement en 1978 et en 1986.
19) Le plus long discours de remerciement a été prononcé par Greer Garson en 1943 pour son Oscar de meilleure actrice dans Mrs Miniver : 5 minutes et 30 seconds incompréhensibles suivis de pleurs. Elle fut moquée des mois durant pour ce « discours ».
20) Uniquement une personne s’est vu décernée un Oscar alors que ses parents étaient tout deux déjà oscarisés. Il s’agit de Liza Minnelli pour meilleure actrice dans Cabaret en 1973, fille de Vincente Minnelli (meilleur réalisateur en 1959 pour Gigi) et Judy Garland (prix honorifique en 1940).
21) Quatre réalisateurs ont été nominés cinq fois aux Oscars sans rien gagner : Alfred Hitchcock, King Vidor, Robert Altman et Clarence Brown. Martin Scorsese faisait partie de ce “club” jusqu’en 2007.
22) Le premier Oscar refusé l’a été par le scénariste Dudley Nichols en 1935 pour des désaccords entre plusieurs syndicats de l’industrie cinématographique et l’Académie des Oscars.
23) Bien qu’elle ait remporté quatre Oscars, l’actrice Katharine Hepburn n’a assisté à la cérémonie qu’une seule fois. Ce fut pour remettre en 1974 le Irving J Thalberg Award au producteur Lawrence Weingarten. En réponse aux ovations du public quant à sa venue, elle déclare : « I’m very happy I didn’t hear anyone call out ‘It’s about time!’… I’m living proof that someone can wait 41 years to be unselfish. »
24) Un seul réalisateur a gagné l’Oscar pour le seul film qu’il a réalisé. Il s’agit du chorégraphe Jerome Robbins pour West Side Story en 1962. C’est aussi la première fois que l’Oscar du meilleur réalisateur est partagé (Jerome Robbins et Robert Wise).
Une nuit de courts métrages sur France 3
| janvier 31, 2010 | Inspiration | Aucune réaction

Dans la nuit du lundi 1er et du mardi 2 février, France 3 diffuse, quatre heures durant, une sélection de films courts dans le cadre de la 11ème nuit du court métrage. Levée de rideau par Bang! You are dead d’Alfred Hitchcock. Poursuite du programme avec Bob, c’est moi, Le Mercredi, Hoor, La robe blanche, Dog Girl, Un tas de tracas, The Cello, The Water et bien d’autres. Avis aux noctambules et aux cinéastes !
La onzième nuit du court métrage 2010
Nuit du lundi 1er au mardi 2 février 2010
France 3
Horaire : 00H10
Citation du jour, par Sloane Crosley
| janvier 29, 2010 | Développement personnel | Aucune réaction

« Vous n’avez pas besoin d’attendre d’être génial pour faire ce dont vous avez envie. L’un des actes le plus important dans ma vie a été d’écrire un horrible roman -qui ne verra jamais le jour- alors que j’étais étudiante. J’en ai été ravie car je savais au moins que j’étais capable de commencer quelque chose et de le finir –avec dans l’espoir de m’améliorer avec le temps. »
Sloane Crosley est notamment l’auteure de l’essai I Was Told There’d Be Cake, dont les droits d’adaptation ont été acquis par la prestigieuse chaîne américaine HBO.
Le cinéma français à l’étranger : les chiffres
| janvier 26, 2010 | Economie | Aucune réaction
Selon les chiffres d’Unifrance, les films français ont réalisés à l’étranger 66 millions d’entrées en 2009, soit un chiffre en ligne avec la moyenne sur la décennie (62 millions d’entrées), mais cependant en nette baisse par rapport à 2008 (84,2 millions d’entrées). La raison ? L’année 2008 a été portée par des « films français de langue anglaise » (Taken, Transporteur 3 et Babylon A.D.) et par une superproduction de langue française (Astérix aux Jeux olympiques).
Les films français ayant réalisé le plus d’entrée à l’étranger depuis 2000 sont :
- Taken, 31,3 millions de spectateurs.
- Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, 23,1 millions.
- La Marche de l’empereur, 19,9 millions.
- Le Pianiste, 17,2 millions.
- Le Transporteur 3, 16,4 millions.
- Le Transporteur 2, 12,7 millions.
- Le Baiser mortel du dragon, 12,1 millions.
- Babylon A.D., 10,5 millions.
- Arthur et les Minimoys, 10,28 millions.
- Astérix et Obélix, mission Cléopâtre, 10,21 millions.
S’il n’est pas tenu compte des « films français de langue anglaise », la liste devient :
- Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, 23,1 millions de spectateurs.
- La Marche de l’empereur, 19,9 millions.
- Astérix et Obélix, mission Cléopâtre, 10,21 millions.
- Astérix aux Jeux olympiques, 9,4 millions.
- Le Pacte des loups, 7,4 millions.
- Bienvenue chez les Ch’tis, 6,1 millions.
- La Môme, 6 millions.
- Les Rivières pourpres, 5,99 millions.
- Coco avant Chanel, 5,3 millions.
- Les Choristes, 5,29 millions
Tijuana, l’usine à champions
| janvier 22, 2010 | Inspiration | Aucune réaction
Article d’Omar Millàn, publié dans le magazine sud-américain Gatopardo.
Une centaine de boxeurs à la peau mate, le crâne rasé pour la plupart, vêtus de shorts verts, blancs et bleus s’entraînent. Nous sommes au gymnase Crea, une petite salle triangulaire installée sous les gradins de l’une des plus anciennes salles de boxe de Tijuana. L’endroit est sombre. Entre les murs aux différents gris passés, il y a des miroirs brisés et du matériel de boxe rapiécé avec du scotch gris. Les hommes sautent et frappent en émettant des grognements gutturaux qui se mêlent au son des coups secs des gants.
Ce lieu sert depuis plus de vingt ans de “purgatoire social”, m’explique Rómulo Quirarte, l’entraîneur légendaire qui a aidé Julio César Chávez à conquérir son premier titre mondial en 1984. Car le gymnase est situé au beau milieu d’un quartier populaire où pullulent les laboratoires clandestins (qui fabriquent des amphétamines), les bandes d’hommes de main et les organisations de passeurs. Un enfer d’où des milliers de jeunes voudraient bien sortir. Certains arrivent dans ce club-école où l’on enseigne non seulement la boxe, mais aussi des valeurs humaines, la discipline, l’endurance et, surtout, l’éloignement de la délinquance. “Ici, nous leur disons toujours que les études doivent passer d’abord, avant la boxe. C’est une condition que nous leur imposons s’ils veulent continuer à s’entraîner avec nous”, explique Don Rómulo, comme on l’appelle ici. Rómulo Quirarte, qui travaille bénévolement, ressemble au personnage du père Carras dans le film L’Exorciste. A 61 ans, il a l’apparence d’un sage de la boxe, autant dire de la vie. Son visage est empreint de douleur, donnant l’impression que quelque chose le préoccupe en permanence.
Presque tous ces hommes qui gesticulent et encaissent les coups connaissent quelqu’un qui est mort d’overdose ou au cours d’une agression ou d’un règlement de comptes. Comme si la souffrance de la perte les préparait à celle de la boxe. Car, dans ce sport, il faut avant tout être prêt à supporter la douleur des coups et à la surmonter avec courage. Lorsqu’une voix rauque et imprécatoire crie “dix”, tous les boxeurs en train d’enchaîner coups et mouvements accélèrent progressivement le rythme, comme dans une danse africaine, avant de s’arrêter au “top” annoncé par la même voix au bout de dix secondes. Ils étirent alors les bras, font quelques pas, se tournent vers les entraîneurs pour écouter leurs éventuelles instructions. Une minute passe, et c’est reparti : trois minutes (le temps d’un round) à courir sur place en enchaînant les frappes.
Tijuana est un terreau fertile qui nourrit depuis trente ans les meilleurs boxeurs du Mexique. Certains, parmi les jeunes qui s’entraînent, sont les fils ou les neveux de boxeurs professionnels et ont grandi dans l’odeur du noble art comme les enfants de menuisiers dans celle du bois. Et il n’y a pas que le gymnase Crea. On compte au total 14 clubs publics ou privés dans la ville, dans lesquels de nombreux boxeurs amateurs et professionnels venus d’autres régions du Mexique viennent affûter leur style avec le projet d’aller livrer des combats aux Etats-Unis, en Europe ou en Asie. La Comisión de boxeo, qui ne s’intéresse pas aux amateurs, estime que la ville héberge actuellement 77 boxeurs professionnels, dont certains finiront forcément par remporter des titres internationaux.
Ce vivier a en effet déjà fourni 16 champions du monde de boxe au cours des vingt-cinq dernières années. Certains, comme Julio César Chávez, Antonio Margarito ou Erik “Terrible” Morales, figurent même dans le cercle très fermé des meilleurs boxeurs de l’Histoire.
Dans un coin du gymnase, dans la pénombre, se tient Omar Avendaño, un boxeur de 19 ans au visage mat encore marqué par les boutons d’une adolescence tout juste quittée. Son 1,60 mètre et ses 59 kilos lui donnent l’apparence d’un enfant. On l’appelle El Veracruz, tout simplement parce qu’il vient de Tres Valles, un petit village agricole de l’Etat de Veracruz. Tout en se bandant les mains, il me raconte qu’il devrait déjà avoir à son actif huit combats professionnels, et non seulement deux. La raison de ce retard dans son palmarès est qu’il a passé neuf mois en prison l’année dernière. Il était arrivé à Tijuana en 2000, après le divorce de ses parents. Sa mère voulait le faire entrer illégalement aux Etats-Unis en passant par le désert. Mais deux tentatives ont échoué, et ils se sont finalement installés dans le quartier de Libertad, à proximité de la clôture qui sépare Tijuana de la Californie.
Omar a gagné sa vie dès l’âge de 16 ans comme passeur de migrants clandestins. Il collaborait avec un agent de la police municipale qui organisait ces voyages vers les Etats-Unis. Omar dit ne plus savoir très bien combien de personnes il a fait passer : “Plus de 100, ça, c’est sûr.” Mais il a été balancé. Le soir du 30 juin 2007, un mois avant qu’il passe dans la catégorie des boxeurs professionnels, il a été arrêté par deux agents de la police locale. Il venait de fêter ses 18 ans. “En taule, j’ai continué à m’entraîner. Je courais tous les jours dans la cour, et l’après-midi je m’entraînais avec un autre détenu, un ancien boxeur. Je ne pensais qu’à une chose : devenir un grand boxeur. C’est mon rêve depuis que je suis arrivé à Tijuana. Là-bas, dans le Veracruz, on me racontait que les meilleurs boxeurs du Mexique venaient s’entraîner ici. C’est pour ça que j’ai dit à ma mère que je préférais rester ici plutôt que d’aller aux Etats-Unis. Si j’avais décidé d’y aller, j’aurais eu plein d’occasions de le faire.”
Guillermo Mayén, un avocat de 55 ans aux airs de dandy avec ses manières extrêmement courtoises et sa moustache taillée à la perfection, est un des managers qui ont fait la réputation de Tijuana. “Mon père et mon oncle étaient boxeurs, donc depuis tout petit je connais les tracas des boxeurs dans les vestiaires”, dit-il en s’asseyant sur un canapé. Mayén me raconte qu’au temps de sa jeunesse il a passé l’essentiel de ses week-ends à aller au Grand Olympic Auditorium de Los Angeles, en Californie, où le Grec George Parnassus organisait des combats. Parmi ses boxeurs, certains sont devenus des stars : Raúl “Ratón” Macías, Rubén “Púas” Olivares, José Angel “Mantequilla” Nápoles et Chucho Pimentel. A cette époque-là, dans les années 1960 et au début des années 1970, les boxeurs mexicains s’entraînaient dans la capitale. Mais la Comisión de boxeo de Mexico a lancé en 1975 une série de réformes administratives internes qui a complètement modifié la donne. Les pugilistes ont commencé à s’entraîner pour les championnats du monde en participant à des combats en province, sans passer nécessairement par la capitale. Le principal organisateur de combats, l’Empresa mexicana de box, qui programmait à l’époque deux soirées par semaine, a fini par faire faillite au début des années 1980. Mexico perdant son statut de capitale de la boxe, Tijuana a pu prendre sa place. Un nouveau groupe de managers – au premier rang desquels Guillermo Mayén – y a organisé chaque semaine des combats avec des boxeurs formés uniquement en province.
Mayén s’est inspiré de ce que Parnassus avait fait à Los Angeles avec des boxeurs mexicains. Il a fait venir Felipe Vaca, un ancien champion du Mexique dans la catégorie poids welter, qui avait fait quatre ans de prison et qui habitait à Guadalajara, dans l’Etat de Jalisco. Il lui a proposé de venir vivre à Tijuana avec toute sa famille. Il lui a donné un salaire, un appartement et une voiture, et lui a demandé en échange de se remettre en forme pour combattre. Felipe Vaca n’a pas tardé à devenir une star régionale de la boxe. Dès lors, et jusqu’au milieu des années 1990, Mayén a organisé au moins une soirée par mois avec des sportifs de tout le pays. Ces réunions ont attiré amateurs et spécialistes de la boxe de partout, même des Etats-Unis. De nombreux sportifs sont alors venus s’installer à Tijuana, où, sauf en cas de blessure, ils avaient au moins la possibilité de livrer un combat par mois. Le même phénomène d’attraction a joué avec les entraîneurs. Puis avec les organisateurs de matchs, qui se sont intéressés à tous ces nouveaux talents : ils pouvaient faire démarrer leur carrière à Tijuana, puis les emmener à Las Vegas, à Atlantic City, à Los Angeles ou à New York, où se déroulaient la plupart des championnats du monde, avec des récompenses pharaoniques à la clé. Grâce à un titre mondial, le boxeur pouvait toucher entre 50 000 et 1 million de dollars à chaque rencontre, dont au moins 30 % étaient empochés par le manager.
Gagner à Las Vegas peut rapporter un million de dollars
Mayén a commencé par miser sur Luis Ramón Yoriboy Campas, un descendant d’Indiens yaquis venu de l’Etat de Sonora. Ignacio Huízar, l’un des autres grands managers de Tijuana, a pour sa part choisi de pousser Raúl “Jíbaro” Pérez (le plus grand poids coq de l’histoire), Jorge “Maromero” Páez (un ancien artiste de cirque, qui enchaînait quelques pas de breakdance avant chaque combat), José “Dinamita” Estrada (le pionnier du style agressif technique, que Marco Antonio Barrera devait élever à des sommets inattendus) et Manuel “Mantecas” Medina. Tous ces boxeurs ont fini par remporter des titres mondiaux. La formule semblait sans faille : une série de combats à Tijuana pour que le boxeur s’aguerrisse et puisse tenir dix rounds, puis une tournée aux Etats-Unis avant de livrer le grand combat tant attendu.
Dans les années 1990, Fernando Beltrán, un jeune imprésario fana de boxe de la région, s’est lancé à son tour dans l’organisation de combats avec un as de la boxe, Erik “Terrible” Morales. Beltrán a suivi l’exemple de Huízar et de Mayén. Il a fait combattre Morales quinze fois à Tijuana avant de lui faire tenter sa chance à Las Vegas. C’est ainsi que ce jeune supercoq est devenu champion du monde à 19 ans seulement. En l’an 2000, Fernando Beltrán a hissé son protégé au rang des meilleurs de Top Rank, l’organisation internationale de boxe du promoteur et ancien sénateur des Etats-Unis Bob Arum. Oscar de la Hoya, la star incontestée du moment [surnommé le Golden Boy, médaille d’or aux Jeux olympiques de Barcelone], venait de rompre avec Bob Arum en dénonçant les pourcentages élevés que les sportifs doivent reverser aux organismes de boxe sans autre raison que leur affiliation. La Hoya et d’autres stars de la boxe fondèrent alors leurs propres entreprises et commencèrent à participer à des combats contre des adversaires de renom sans s’embarrasser de titres mondiaux ni d’organismes réputés. C’en était fini du contrôle de Top Rank et de Don King Promotions sur la boxe mondiale.
L’un des plus grands connaisseurs du monde local de la boxe s’appelle Ray Solis. A 85 ans, il est considéré par le World Boxing Council comme l’un des meilleurs arbitres et juges de l’Histoire. Son front orné d’une multitude de rides et ses yeux, tout petits derrière ses lunettes, semblent avoir passé une vie à analyser toutes les choses, mais surtout la boxe, le seul sujet qui le fasse encore rire depuis la mort de son épouse. Il a arbitré plus de 300 combats sur les cinq continents, dont 71 pour des titres mondiaux. Il a assisté aux exploits et aux adieux des plus grands boxeurs latino-américains du XXe siècle. Alors que nous sommes assis dans un restaurant du nord de Tijuana, notre conversation aborde de nombreux sujets d’actualité, avant de revenir tout naturellement à la boxe.
“On se réveille tous les matins avec la nouvelle d’un énième assassinat”, remarque Ray Solis de sa voix qui semble avoir atteint la sagesse ultime, celle que seul confère l’âge. “Oui, c’est terrible”, lui réponds-je. Ce lundi matin, des employés d’un hôpital ont trouvé six hommes morts dans un endroit isolé à l’est de Tijuana. Tels ceux d’hérétiques, leurs corps ont été brûlés. “Et comment trouves-tu la ville ? me demande-t-il. — Parfois sur le point d’exploser, comme dans une relation d’amour-haine.” J’aurais aimé lui répondre autre chose. Pour moi qui suis né à Tijuana de parents nés eux aussi dans cette cité de migrants, la frontière entre ces deux sentiments a disparu depuis longtemps. Le quartier où j’ai grandi, l’école, les parcs, les immenses salles de cinéma où je rêvais d’être le héros d’aventures ou d’embrasser Julia Roberts, les terrains où je jouais au base-ball, tout ou presque a été emporté par les pelleteuses, au nom du progrès.
“N’oublie pas qu’il y a aussi de bonnes choses dans cette ville. Vous, les journalistes, vous ne retenez toujours que le négatif. Regarde par exemple la boxe. Tijuana est un vivier de grands boxeurs et de champions du monde, et elle le restera longtemps, parce que c’est ici que se trouvent les meilleures écoles et les meilleurs entraîneurs. Les grands entraîneurs de Mexico sont morts sans transmettre leur savoir à leurs enfants. Ici, à Tijuana, les choses se passent autrement, les managers transmettent ce qu’ils savent à leurs enfants et savent aussi se renouveler. Rends-toi compte, depuis vingt-cinq ans, il y a toujours eu dans cette ville un champion du monde en cours de formation. Aujourd’hui, c’est Antonio Margarito (quelques jours plus tôt, il a vaincu par K.-O. le Portoricain Miguel Cotto, devenant le meilleur boxeur du monde dans la catégorie des 67 kilos et empochant un cachet de plus de 2 millions de dollars). Ça apporte de la joie aux gens, ça leur fait oublier leurs problèmes”, assure Ray Solis, avant d’esquisser une grimace aux airs de sourire.
La magie des effets spéciaux : l’incrustation (chroma key)
| janvier 20, 2010 | Développement personnel | Aucune réaction
Les tournages sur écran vert (ou bleu), vous connaissez ? Le terme technique approprié est incrustation, chroma key en anglais. Le but est d’intégrer dans une même image des objets filmés séparément. Devant sa télé, on se dit que c’est facile d’être acteur… et pourtant.
Ci-dessous, la vidéo de démonstration de Stargate Studios, un des poids lourds américains des effets spéciaux.
« Anatomie du scénario » par John Truby, du 27 au 29 janvier 2010, Paris
| janvier 18, 2010 | Développement personnel | Aucune réaction
Le consultant en scénario John Truby revient du 27 au 29 janvier à Paris pour animer sa cinquième Master Class. D’une durée de trois jours, son séminaire porte sur les méthodes et techniques dramaturgiques.
Plus d’informations sur : www.masterclass-truby.fr
Lors de son précédent passage, j’avais inclus un entretien qu’il avait réalisé pour un magazine. Vous pouvez le retrouver au lien suivant et ainsi comprendre sa démarche : Entretien John Truby
L’insécurité propre aux artistes
| janvier 13, 2010 | Développement personnel | Aucune réaction
A votre avis, qui a prononcé les mots suivants ?
“I’ve never really trusted what success I’ve had. I feel it to be fraudulent, chimerical and liable to be taken away from me in an instant.”
Ce n’est autre que le talentueux musicien Moby qui s’exprimait dans un entretien pour le London Times Magazine. Il poursuit ses propos sur le succès et la célébrité :
« Fame is caustic, though. I wouldn’t wish it on anyone. Initially, it’s like you’ve been invited to the ultimate party, the one that will make you happy for the rest of your life, but it means nothing and answers nothing. These days, I’d rather be with an old friend playing Scrabble than talking to people I’ve never heard of at the MTV Awards.”
Concours de courts métrages contre la sclérose en plaque
| janvier 11, 2010 | Economie | Aucune réaction

Pour la seconde année consécutive, L’Union pour la lutte contre la Sclérose en Plaques (UNISEP) fait appel à la créativité des cinéastes amateurs pour sa campagne 2010.
Le brief est le suivant :
Réalisez une vidéo et montrez ce qu’est la sclérose en plaques en prenant exemple sur les grandes scènes du cinéma.
Imaginez comment se comporteraient des personnages célèbres (Rambo, l’inspecteur Harry, Amélie Poulain…) s’ils étaient atteints de la SEP : réinventez des scènes cultes du cinéma en montrant et en mettant en scène les symptômes ou les contraintes liées à cette maladie.
La présidente du Prix du Jury est Claire Chazal. Le vainqueur a l’honneur de voir son spot diffusé sur TF1 et les chaînes partenaires et touche une récompense de 5 000 €. Pour les autres, il y a des lots de consolation, notamment des cures thermales…
Concours ouvert du 5 janvier au 5 mars 2010. Plus d’information sur www.sepasducine.org
J’attendrai le suivant, de Philippe Orreindy
| janvier 8, 2010 | Court métrage | Aucune réaction
Titre : J’attendrai le suivant
Court-métrage de 4 minutes nominé aux Oscars 2003
Genre : tragi-comédie romantique
Univers proche de : indéterminé
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